Gabon : insécurité et délinquance juvénile, à qui incombe la responsabilité ?
La question d’insécurité au Gabon est aussi vielle que le monde, pourtant la sécurité est la première des libertés. Cependant, elle prend de proportions alarmantes depuis quelques années. Les ‘’hors la loi’’ les plus redoutables sont à présent les mineurs. Des adolescents sans scrupule font régner la terreur.
Les populations gabonaises vivent avec la peur au ventre pour leur sécurité ou celle de leurs proches. L’insécurité galope le jour aussi bien que la nuit dans la moindre ville ou commune de notre pays. Des homicides commis par des mineurs, on en compte plus. Ici, à 9 ans seulement on peut ôter une vie humaine. Pour un portefeuille vide ou un regard croisé, ils t’expédient à l’hôpital voire à la morgue.
Même le personnel éducatif se fait agresser et poignarder en plein exercice de ses fonctions. Sortir en groupe est le seul moyen de protection le plus sûr dit-on au quartier. Comment en est-on arrivé là ?
L’État gabonais responsable de l’insécurité ?
Si la police judiciaire essaie tant bien que mal à maîtriser certains délinquants, elle n’a pas les moyens de calmer la situation. Entre le manque de véhicule et de gadgets, le déficit de cellules, etc., les forces de l’ordre ne sont pas assez équipées pour mener à bien ces opérations.
L’État n’investit pas assez dans la lutte contre l’insécurité. C’est à croire qu’ils sont indifférents à tous ces cris de détresses. Il n’y a pas de patrouille dans les quartiers et aucune grande mesure n’a été prise pour éradiquer ce phénomène.
La délinquance a gagné toutes les rues et plus personnes ne compte sur la police qui n’agit qu’occasionnellement. Dans les grands carrefours et marchés, les passants se font dépouiller et agresser non loin des agents de police dont la priorité est généralement axé sur la circulation routière.
Que font les parents ?
L’une des principales causes de l’insécurité grandissante est la démission parentale. Les enfants abandonnés à eux-mêmes, trouvent leur compte dans la rue. Certains parents absents à la maison ne cherchent pas à savoir ce que font les enfants en leur absence : où ils vont, ou encore avec qui ils vagabondent. Remplir le congélateur, traîner dans les débits de boisson sans se soucier de l’éducation des enfants, c’est le propre du parent gabonais.
Ce sont ces mêmes parents qui défalquent de grosses sommes d’argent pour négocier la mise en liberté de leurs enfants appréhendés après un délit. C’est bien connu de tous, « ils ne font que quelques jours en cellule« , racontent-on avec colère au quartier.
Je connais par exemple une famille dont le père est « taximan », la mère coiffeuse. Les deux parents sortent tôt le matin pour revenir à 22h. Leur jeune garçon de 10 ans sillonne dans tous les environs jusqu’aux quartiers voisins et passe quelque fois des nuits dehors. Leur fille de 14 ans n’est non plus sur le droit chemin avec cette liberté absolue.
Le vagabondage des mineurs sous le regard sans inquiétude des parents. Des gangs de mineurs qui traînent dans des quartiers à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit c’est tous les jours. Quelle maison dévaliser, combien de personnes vont-ils agresser sont leurs seuls sujets de réflexion.
Toutefois, il est indéniable que tous les parents ne sont pas irresponsables. La preuve, je suis parent et j’écris ce billet. Par ailleurs, posons-nous de bonnes questions sur ce phénomène d’insécurité. Que fait réellement l’État pour ramener l’ordre et quelle est la responsabilité parentale ? Quoi qu’il en soit, il est clair qu’il a un problème de base, c’est l’éducation. Les parents doivent s’impliquer dans la relation avec leur enfant. Ils doivent communiquer et passer du temps ensemble. Par ailleurs, l’état a l’obligation d’assurer la sécurité de sa population.